Le harcèlement moral au travail est une conduite abusive émanant d’un supérieur hiérarchique ou d’un collègue de travail, qui par des gestes, paroles, comportements, attitudes répétées ou systématiques vise à dégrader les conditions de travail d’une personne. Ces pratiques peuvent causer des troubles psychiques ou physiques mettant en danger la santé de la victime.

Contrairement à la violence physique dont les effets sont immédiats, la violence morale est quant à elle, insidieuse, plus sournoise, cachée. Le harcèlement moral ne se réduit pas qu’à un acte ponctuel isolé dans le temps (même si cet acte peut être blessant ou humiliant), mais se manifeste par des agissements répétés et fréquents. La plupart du temps, la victime ne comprend pas ce qui lui arrive d’autant plus si les rapports entretenus avec le fauteur de troubles étaient précédemment cordiaux. Il arrive aussi que l’environnement de travail participe sciemment ou pas à ces agissements, ce qui contribue à renforcer le mal être de la victime, qui se retrouve acculée. Cette dernière se demande naturellement ce qui a bien pu se passer pour générer subitement tant d’hostilité.

Les symptômes vont alors apparaître et se multiplier :

– baisse de l’estime de soi, remise en cause sur ses capacités, ses compétences. La personne doute d’elle-même et peut se sentir coupable,
– crises de larmes, humeur triste,
– ruminations,
– troubles du sommeil,
– pertes de mémoire,
– irritabilité,
– fortes réactions émotionnelles lorsque la personne se trouve près de son lieu de travail,
– dépression,
– angoisses, stress, vertiges,
– troubles psychosomatiques (maux de dos, rhumatismes, crise d’eczéma…)
– Idées suicidaires, etc.

Avec des conséquences sur la sphère sociale et familiale (conflits conjugaux et familiaux, isolement, attitude cynique vis-à-vis de l’entourage familial, critiques par les proches qui minimisent ce qu’il se passe…), sur le plan professionnel (isolement, démotivation, troubles de la concentration…) et économique (perte de revenu si victime en arrêt maladie, exclusion momentanée du monde du travail…).

L’article L. 122-49 du code du travail précise qu’aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel.
Sanctions encourues par les auteurs:
Sanction disciplinaire
Sanction civile : dommages et intérêts versés à la victime
Sanction pénale : « Le fait de harceler autrui par des agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel, est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende »  (article 222-33-2 du Code pénal).L’article L. 4121-1 du Code du travail, stipule que : l’employeur doit prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.Il collabore à cet effet avec les représentants du personnel et le CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité, et des conditions de travail), s’il en existe un.

Important ! Le harcèlement moral détruit la personne qui en est victime, mais altère également les relations interpersonnelles et détériore la vie collective au travail. Combien de salariés observent ce qu’il se passe sans oser donner le signal ! Certains vont même jusqu’à participer aux agissements hostiles, par peur souvent de perdre leur travail, ou de subir eux-mêmes en retour des brimades, propos vexatoires, humiliants, ou bien d’être perçu comme un dénonciateur, annihilant toute possibilité d’évolution dans l’entreprise…Le risque, en sus d’une forte culpabilité, est de développer une palette de symptômes source de souffrance et de mal-être.

Tout au long de mes interventions en entreprise, je n’ai eu de cesse de constater avec effroi que ce type de pratique malveillante, destructrice se banalise et devient courante. Elle impacte autant les salariés de la fonction publique que ceux du privé.

Elle est un moyen de pression pour amener un salarié à prendre la porte, quel que soit son statut (cadre, employé…) et quelles qu’en soient les raisons (réduction d’effectif, de coût, renouvellement du personnel, incompatibilité de caractères…). Il peut s’agir aussi d’une blessure d’égo de la part du harceleur, voyant chez la victime des qualités qu’il n’a pas. Certaines personnes très compétentes, un peu trop perfectionnistes, peuvent faire de l’ombre au harceleur qui redoute que celles-ci pointent leur propre faiblesse.

Si vous sentez que les rapports avec un responsable ou un collègue de travail ont changé et vous n’en comprenez pas les raisons, vous vous sentez de plus en plus mal en sa compagnie, plus personne ne vous parle, ne vous regarde, vous faites l’objet de moqueries, allez à votre travail à reculons, pleurez constamment, vous vous sentez humilié, dévalorisé, mis au placard, vous sombrez peu à peu dans une dépression…ne tardez pas à consulter. Cet état peut s’aggraver !

En qualité de Psychologue du travail et d’I.P.R.P. (intervenant en prévention des risques professionnels), je suis habilitée à intervenir directement auprès des médecines du travail.

Je peux vous accompagner, vous aider à faire face et si vous le souhaitez, être un interlocuteur efficace avec les représentants et délégués du personnel.